Etude des emplois de la transition énergétique
L’étude repose sur l’analyse de données qualitatives et quantitatives avec une approche structurée en quatre phases :
L’analyse croisée selon ces différents axes a permis de mettre en relation les besoins exprimés par le marché du travail, l’offre de formation disponible et les tendances identifiées dans la littérature spécialisée. Elle a ainsi contribué à identifier les métiers émergents, à déterminer les compétences les plus recherchées, et à repérer les écarts entre la demande en compétences et l’offre de formation. Cette approche intégrée a également permis de mettre en évidence les principaux freins et leviers à l’évolution des métiers et au développement des compétences dans le domaine du bâtiment et de la transition énergétique.
La Suisse s'est engagée à réduire ses émissions de CO2 de 60% d'ici 2030, un défi majeur pour le secteur du bâtiment qui doit accélérer les rénovations et le remplacement des systèmes fossiles.
Cette étude pilote répond à deux questions critiques : formons-nous assez de talents et disposent-ils des bonnes compétences ? Elle s'appuie sur une méthodologie hybride robuste croisant l'analyse "Big Data" de 10 301 offres d'emploi et des entretiens qualitatifs avec 43 acteurs clés.
Un marché de l'emploi sous tension
L'analyse du marché révèle une dynamique forte mais contrastée, portée par des besoins massifs en recrutement.
Qui recrute ? Le poids décisif des PME
Contrairement aux idées reçues, la transition énergétique repose sur un tissu artisanal dense :
Quels sont les métiers recherchés ?
L'étude a identifié 807 intitulés de métiers regroupés en 8 familles. Deux pôles concentrent plus de 80 % des offres :
On note une saisonnalité marquée avec un pic de recrutement en janvier, lié à la planification des budgets et des chantiers.
Le rapport met en lumière un décalage structurel (le "Skills Gap") entre l'offre de formation et la demande des entreprises.
Le paradoxe : les formations actuelles (CFC/AFP) sont solides techniquement mais intègrent trop lentement ces compétences transversales, managériales et numériques.
L'étude identifie quatre profils "pivots" où la tension est maximale :
Pourquoi, malgré la demande, le marché bloque-t-il ? L'analyse qualitative pointe plusieurs verrous :
Ce rapport démontre que la réussite de la transition énergétique ne dépendra pas uniquement de la technologie, mais de notre capacité stratégique à former, recruter et fidéliser les talents.